Accueil / Culture / Exposition Medusa : broches bavardes et collier tuyau de poêle.
Exposition Medusa : broches bavardes et collier tuyau de poêle.

Exposition Medusa : broches bavardes et collier tuyau de poêle.

L’exposition Médusa au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris s’interroge sur le rôle des bijoux depuis les Egyptiens jusqu’au créations contemporaines, simple parure ou rôle plus subversif ? Les bijoux en disent long sur ceux qui les créent, mais aussi sur ceux qui les portent. Des bagues de bikers ornées de personnages légendaires invitent à prendre la route et racontent l’épopée de la virilité. Vivienne Westwood, la sulfureuse prêtresse des punks imagine un bracelet de force sur lequel trône une tête de mort. Métal brillant sur le noir des années 80 pour des soirées 100% décibels. La poussière d’un atelier devient matière et sert d’écrin à des cristaux Swarovski et à des éclats de pacotille. Le luxe éclaire le quotidien. Des clous contraints et sublimés par la main de l’artiste prennent l’aspect de colliers épurés.
Bijoux politiques, les broches bavardent et délivrent des messages : « touche pas à mon pote », « faites l’amour, pas la guerre ». L’étoile jaune redevient, grâce au courage de la résistante Françoise Leclercq, un simple bijou porté avec fierté. D’autres plus écolos racontent le fond des océans anémones de mer, oursins, corail. Ou puisent leur -èyinspiration dans la carapace des insectes. Planqué au fond d’une vitrine un simple carré de plastique suffit pour faire apparaître Denise Glaser madame Discorama dans la télévision des années 60. Les artistes contemporains jouent sur les mots collier tuyau de poêle au sens strict. Sourire en coin devant celui imaginé par l’artiste Michel Journaux qui conseille à toutes les dames de se parer de la dépouille d’autrui. 
 
Magasin de mémoire 

Médusa est une exposition fouillis ou l’on comprends mal le rapport entre bijoux et tabous et pitié pour les yeux des visiteurs obligés de se contorsionner pour lire des cartels en petites lettres sur fond noir. Mais la beauté des pièces présentées méritent sans aucun doute le détour. Et le tableau de l’artiste américain Mike Kelley « Memory Ware Flat », bijoux en deux dimensions pourrait servir d’étendard à tous les chantres du recyclage. Il démontre avec puissance que les petits riens sont les grandes choses de demain. Devant l’oeuvre le regard se perd pour suivre des routes sinueuses qui mènent dans le pays enchanté de l’imagination.  

Exposition « Médusa, bijoux et tabous » jusqu’au 5 novembre 2017. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. 11 avenue du Président Wilson 75116 Paris. www.mam.paris.fr Plein tarif 10 euros. 

A propos de Laurence Mamy

Laurence Mamy, experte ès mode est spécialiste des tendances. Formée au Studio Berçot, elle a commencé sa carrière comme pigiste pour le magazine Dépêche Mode et à Télérama. Elle a dirigée de 1988 à 1997, la Galerie de Paris, une galerie d’art contemporain. Elle est actuellement pigiste.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*

Scroll To Top