Ernest Pignon Ernest expose à l’abbatiale de Bernay

Bernay sous-préfecture de l’Eure située au confluent du Cosnier et de la Charentonne n’en revient toujours pas ! Ernest Pignon Ernest, plasticien de renommée internationale, expose à l’abbatiale jusqu’au 18 septembre une œuvre monumentale intitulée « Extases ».

Hildegarde de Bingen invitée de Judith de Bretagne

L’artiste recouvre depuis cinquante ans les murs des villes de ses dessins. Depuis ses débuts Ernest Pignon Ernest revendique un art pour tous, loin de l’élitisme parisien. Commençons par le lieu, une des plus belles abbatiales de Normandie le monument emblématique de la ville. D’architecture romane et construite par Judith de Bretagne grand-mère de Guillaume le Conquérant, l’église offre aux créateurs contemporains un espace grandiose. L’artiste a tout de suite perçu les possibilités de cet édifice dont les chapiteaux culminent à plus de 16 mètres de hauteur. Ses dessins figurent de grandes « chasses » pour des saintes, (Hildegarde de Bingen, Thérèse d’Avila, Marie Madeleine ou Catherine de Sienne etc …) avec lesquelles Ernest Pignon Ernest dialogue depuis plusieurs années.

Mystérieuses extraterrestres

Le titre de l’œuvre ne donne qu’une première lecture de ce que sont « Les extases » beaucoup plus futuriste que ce titre ne semble le dire. Dessinés au fusain sur de grandes feuilles d’aluminium, des corps à taille humaine dansent, dansent et dansent encore. Les anatomies se plient, les bras se tordent, les têtes disparaissent dans des mouvements de métamorphoses. Etrange cousinage avec l’univers de Billal ou celui de la Guerre des Etoiles. Les saintes seraient-elles de mystérieuses extraterrestres ? Une « tranche » de ce chef d’œuvre du XI siècle sert de support à l’artiste. Un des morceaux de cette architecture moyenâgeuse emprisonnée dans des draps blancs figure comme une sorte de vaisseau. Posé au sol un bassin rempli de moins de 10 centimètres d’eau qui pèse pourtant plusieurs tonnes et dans laquelle l’architecture de l’abbatiale Notre-Dame s’immerge. Les pierres se perdent dans les profondeurs.

Extase et Ascension des corps

Une mise en abîme qui donne le vertige et nous invite à disparaitre en nous-même. Les 30 mètres de hauteur glissent dans une grotte à la fois inquiétante et attirante ou l’on cherche son reflet. Noir complet comme au théâtre. Un dessin puis un autre prenne vie selon une scénographie voulue par l’artiste. Le cycle dure quinze minutes, s’éteint, reprend, s’éteint. Manège mystère qui met en lumière extase et Ascension des corps. Les dessins devenus des sortes de cocon servent de nids à ce qui ressemblent à des insectes géants endormis dans l’espace sans fin de l’abbatiale. Reflétés dans l’eau du bassin ils semblent figurer des pierres tombales ou l’effroi cède la place à l’admiration On s’accroche à son voisin par peur d’être avalé par cette profondeur abyssale.

La redécouverte de la mémoire, si chère à Ernest Pignon Ernest a pu avoir lieu grâce à l’acharnement de Pierre Louis Basse ancien journaliste et désormais écrivain. C’est par le biais de l’association Air Libre qu’il a fondé avec Christophe Maréchal et l’implication d’un groupe de bénévoles qu’il a réussi à convaincre la ville, la région et aussi l’évêché. Et c’est ainsi que le temps d’un été Bernay est devenue l’une des capitales de l’art contemporain.

Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h et jeudi de 14h à 18h. fermé le lundi Renseignements : airlibre.info et bernaylaville.fr

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

© 2022 Infos Mode