Du Reggae avec un pincée de Groove.

Riké, Ivan, Fafa, Zazz, Mike, Bozo, Natty, Nordine, Olivah, Philippe, Carine, Roukin et Chid. Si à l’évocation de cet inventaire à la Prévert vous vous mettez à fredonnez : « On vous souhaite tout le bonheur du monde Pour aujourd’hui comme pour demain Que votre soleil éclaircisse l’ombre Qu’il brille d’amour au quotidien » c’est que vous connaissez les « Sinsé ».

Bande de copains originaires de Grenoble Sinsėmila est un groupe de musiciens ou plutôt une grande famille dans l’esprit des années 70. Leur credo, désir et convivialité. Trente ans qu’ils aiment courir les routes comme les baladins d’autrefois et ne chantent pas seulement pour, mais surtout, avec leur public. Un auditoire qu’ils chouchoutent et avec lesquels ils aiment passer de bons moments. Des complices qui remplacent avantageusement producteurs et maisons de disques et n’hésitent à s’investir financièrement. Leur dernier album a vu le jour grâce à une action de crowdfunding sur le site Ulule qui a dépassé toutes leurs espérances. Une notion de partage que le groupe revendiquent haut et fort en disant merci en vidéo à ce que d’autres chanteurs appelleraient des fans et qu’eux préfèrent qualifier de potes. C’est en écoutant leur dernier disque que l’on comprend tout l’esprit Sinsé. Ils chantent pour dire aux jeunes que le monde est magnifique, d’espérer et d’oublier la haine. Ils chantent pour monter sur les épaules d’un géant pour voir ce qu’il y a au-dessus des nuages et regarder bien loin devant. Ils chantent pour nourrir leurs cerveaux : « Ils aiment que leurs neurones se touchent, faire marcher leurs cellules souches, faire le point avant de parler et méditer sous la douche. »

Aime

Dix titres qui racontent le monde selon Sinsé. Ils sont en lien avec tous ceux qui ne veulent plus de plastique dans les océans et rêvent que les gens se sourient tout simplement et nous donnent un conseil en quatre lettres : « Aime ». A ceux qui serait tentés de ricaner devant des paroles aussi simples, je répondrais simplement que c’est l’essence d’une vie réussie avec une pincée de groove. Leur dernier CD est une recette pour croire en l’avenir et se réjouir de la vie simplement, sans aucune candeur. A l’heure où les réseaux sociaux ne parlent que d’événements catastrophiques Sensémila nous rappelle qu’à l’échelle d’une vie ils voudraient voir : « La charité de venir partager, entrer dans la norme. Plus aucunes femmes soumises à la connerie d’un homme. Et de la paix dans le monde gaza devenir le symbole. » Ils seront en concert gratuit à Lisieux le 30 août prochain dans les cadres « Des rendez-vous de l’Eté ». Une bonne occasion de s’offrir leur dernier disque « l’Echelle d’une Vie » sorti le 27 avril dernier (20 euros) et de participer à l’esprit de Sensé en finançant une partie des tournées à venir. A noter le livre de Mike d’Inca l’un des deux chanteurs du groupe « Souvenirs d’un Sinsémilia » dans lequel il raconte 30 ans d’amitié, de souvenirs et d’anecdotes. La vie en commun dans le Tour Bus conduit par Alexia, la promiscuité pas toujours facile, Le reggae qui a changé leur existence, la rencontre avec les Pink Floyd, les inoubliables messages des gens qui viennent les écouter etc. Vendu uniquement pendant leurs concerts et sur la boutique en ligne. https://sinsemilia.com/ Crédits photos Nicolas-B

EXTRAITS DU LIVRE DE MIKE D’INCA

Un exemple de notre côté « à fond » ? De la quatrième à la terminale je crois que je n’ai jamais travaillé un 11 mai (jour de la mort de Bob Marley). Pourtant j’allais en cours, mais chaque année j’allais voir mes profs un par un : « Pardon M’sieur mais demain on est le 11 mai alors je veux bien venir en cours mais je ne travaille pas. Pourquoi ça monsieur D’Inca ? Le 11 mai, c’est l’anniversaire de la mort de Bob Marley, alors moi je rends hommage toute la journée. Pardon ? Vous Monsieur, à Noël vous fêtez la naissance de Jésus et c’est férié, à Pâques vous célébrez sa mort et c’est férié, et bien moi le 11 mai je rends hommage à mon prophète.  Je passais pour un fou, certes, mais ça ne m’a jamais dérangé, et chaque 11 mai assis au fond de la classe, walkman sur les oreilles, j’écoutais mon prophète ».

On est en 2005, dans ma voiture je joue avec l’autoradio et j’hallucine. On est passé en quelques semaines de groupe quasiment jamais joué en radio à groupe joué soixante-dix fois par jour ! Enfin, pour être précis, ce n’est pas le groupe qui est joué, c’est « Tout le bonheur du monde. » TLBDM comme on dit entre nous. C’est fou, ce morceau, ce n’est pas le meilleur de Sinsé, encore moins celui qui nous représente le mieux, mais indiscutablement c’est un morceau à part dans notre histoire, pour mille et une raisons. Il est celui qui a fait connaître notre groupe à toute la France. Et, en même temps, c’est celui qui nous a fâché avec une partie de notre public. Il est celui qui fait qu’on participe plus ou moins à tous les mariages de France depuis plus de dix ans. Il est l’un des cinq titres les plus diffusés sur les ondes françaises depuis quinze ans, tout style de musique confondu.

J’ai croisé quelques fois des petits bouts de mes textes écrits sur des murs, et plus fou encore : tatoués sur des corps ! J’en reste bouche bée à chaque fois. Et puis il y a toutes ces lettres, ces messages, ces discussions… Merci pour tel texte qui m’a tant aidé à telle période de ma vie. Merci pour tel texte c’est exactement ce que je vis, et me sentir moins seul m’a aidé à faire face, etc. Certains témoignages sont tellement forts que je me retrouve comme un con… Touché, ému…

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