Le compromis belge

Située en Flandres, mais francophone à 80 %, Bruxelles… Son incroyable diversité de styles architecturaux donne à la capitale belge un charme étrange et envoûtant. Dépaysement garanti à un peu moins d’une heure et demie de Paris

Il faut commencer par visiter le quartier des Marolles, celui du marché aux puces, un endroit idéal pour sentir l’esprit hétérogène de la ville. Des logements sociaux en briques polychromes, datant d’avant 1918, côtoient des HLM des années 70, à l’allure de cages à lapin ; des maisons Art Nouveau, savant mélange de fer et de verre, entourent une fabrique en briques rouge qui témoigne du passé industriel de la ville. Une tour de pierre datant de 1616, doublée par son alter ego en métal, ressemble à un château mélancolique qui semble avoir été dessiné par un maître du dessin animé japonais. Des maisons étroites toutes en hauteur se retrouvent accolées à des géants de verre et de béton. Dominant une partie de la ville et posé sur un terrain de deux hectares et demi, un « monstrueux » palais de justice, de style gréco romain, d’une surface de plus de 52 000 m² et mesurant 100 mètres de haut, annonce le début de l’avenue Louise, l’artère des boutiques branchées. Derrière le Parc du Cinquantenaire commence l’avenue de Tervueren, aménagée sur le modèle des boulevards parisiens par Léopold II, surnommé par les Belges le roi bâtisseur. Là aussi la diversité est la règle : le palais Stoclet construit à partir de 1903 cohabite avec un chef d’œuvre décoré par Gustav Klimt et Fernand Khnopff, des immeubles d’habitation construits dans les années 60, des bâtiments des années 30 et un bureau d’allure postmoderne dessiné en 1994 par l’architecte Luc Konior.

Des ailes et des frites

Retour dans le centre historique, rue des Chartreux, située presque en face de la Bourse et où l’on trouve une parfaite illustration d’une spécialité locale, « le compromis belge. » Les habitants de la rue avaient demandé aux autorités locales de mettre quelques arbres. Une impossibilité technique empêchant la moindre plantation, plutôt que de dire non, la mairie de Bruxelles a proposé une solution plutôt originale : l’installation de deux « clones » en métal, qui s’illuminent dès que la nuit tombe. Au sud-est, le quartier européen mérite lui aussi le détour. Un mini Manhattan où se trouve le Parlement et de très nombreux immeubles de bureaux dans lesquels travaillent technocrates et lobbyistes. Le plus époustouflant est sans aucun doute le Berlaymond, construit dans les années 1960. Ce bâtiment en forme de croix, flanqué de quatre ailes inégales rattachées à un noyau central, est suspendu par des tirants d’aciers à des poutres à la manière d’un pont flottant. Le président de la commission, les vingt-cinq commissaires et trois mille fonctionnaires y travaillent.

Juste à côté, la place Jourdan, où se trouve l’une des meilleures friteries de Bruxelles. A midi, la foule se presse et il faut faire la queue pour commander un cornet de frites, fabriquées avec des pommes de terres fraîches et servies dans un cornet en papier blanc. Pour les accompagner, on peut choisir entre des fricadelles (saucisses panées composées d’un mélange de viandes de poulet, de porc et de cheval), des boulettes ou plusieurs sortes de brochettes. Il ne reste plus qu’à aller asseoir sur l’une des terrasses qui se situent tout autour de place pour déguster tranquillement ces mets de choix, avec une bière évidemment. Plus étonnant encore, la ville possède un mini World Trade Center (WTC) voulu par les politiques dans les années 1950 et heureusement jamais fini. Dans le projet initial, toutes les autoroutes du nord et du sud de l’Europe arrivaient au pied des tours qui devaient être reliées entre elles par des passerelles. Le projet pharaonique, heureusement abandonné, prévoyait de raser une partie de la ville.

Du vert et un atome

Une autre particularité de Bruxelles, les nombreux parcs, bois, jardins, squares, étangs ou forêts qui constituent un ensemble de 8 000 hectares. Chaque habitant peut se vanter d’avoir un espace vert à moins de 500 mètres de chez lui. Dans le quartier de Laaken, celui de la résidence royale, se trouve l’étrange Atomium édifié à la gloire de l’atome pour être le pavillon belge de l’exposition universelle de 1958. Sur les neuf boules, six sont accessibles au public. Le tube central contient l’ascenseur le plus rapide de l’époque, cinq mètres par seconde, et permet à 22 personnes d’accéder au sommet en 23 secondes. Les escaliers mécaniques, installés dans les tubes obliques, comptent parmi les plus longs d’Europe. Le plus grand mesure 35 mètres de long. Restauré avec des pièces d’acier inoxydables, il brille désormais de tous ses feux. On peut monter au sommet pour profiter du restaurant panoramique et les casse-cou ont la possibilité de descendre en rappel depuis le sommet du monument, encadrés par un moniteur.

Gourmandises

Ultime atout bruxellois, ses friandises. Il y a quelques années, selon le sens des vents, le mélange des effluves de l’usine Côte d’or, mêlée à celles des cafés Jacqmotte, permettait aux Bruxellois de deviner quelle serait le temps du lendemain. Aujourd’hui, la ville a gardé ses atouts gustatifs avec un chocolat belge arrivé de Suisse en 1891 et qu’il faut acheter place des Sablons et nulle part ailleurs. Soit chez Wittamer, maître chocolatier, roi du cake, au chocolat bien sûr, et fournisseur de la cour de Belgique, soit de l’autre côté de la place, chez l’un de ses meilleurs élèves Pierre Marcolini.

Tradition liégeoise inventée au XVIIième siècle, la gaufre, qui se déguste dans la capitale belge surmontée d’une montagne de crème et d’une boule de glace. Pour l’apéritif, il faut essayer une spécialité bruxelloise : le half and half. Un mélange de vin blanc et de champagne, inventé pour réconcilier les boursiers. Ceux qui avaient perdu ne pouvaient se permettre de boire que le premier, et les gagnants ne voulaient boire que le second et rien d’autre. Le mélange a mis tout le monde d’accord. Pour respecter la tradition, le verre doit être rempli à ras bord. A boire au Cirio, l’un des plus vieux café de la capitale, où le décor n’a pas changé depuis 1886. Impossible de quitter Bruxelles sans un tour sur la Grand Place, non pas pour voir la Manneken Pis, trop choyé par des hordes de touristes japonais, mais pour faire un voeu en frottant le bras d’un autre héros bruxellois, Everard t’Serclaes. Dans la nuit du 24 octobre 1356, il escalada les murs de la ville à la tête de patriotes bruxellois et chassa les troupes flamandes hors de la ville.

Surnommé par les habitué(e)s Le RER des Flandres, le Thalys possède de très nombreux atouts. Le premier la vitesse, qui permet de relier Bruxelles Cologne et Amsterdam à Paris en 1h22, 3h14 et 3h18, et une arrivée dans le centre des villes. Sans oublier tout un ensemble de détails qui font la différence : des sièges spacieux, dans lesquels on peut , sans problème, étaler ses jambes. Pour les hommes d’affaires et tous les Geek de la planète, une prise de courant pour chaque siège et la WIFI qui permet de se connecter à internet. Gratuitement avec un billet de première et pour 6,50 euros de l’heure avec un billet de seconde. Ce train ne pourra même pas faire râler Jean Pierre Coffe, les repas servis en première ont été conçus par un grand chef et ceux servis dans le bar n’ont rien à voir avec le tristement célèbre « sandwich SNCF ». Une grande partie des produits sont bio et la vaisselle jetable est recyclable à 100%. C’est JP qui va être content.
www.thalys.com
BONNES ADRESSES
-Visitez autrement
Contact Alain Debaecke
32 (0) 473 47 16 73
Pour découvrir les charmes secrets de Bruxelles, ruelles perdues, restaurant typiques, immeubles aux charmes du Nord, écrin de verdure en pleine ville, etc. Le guide est un amoureux de Bruxelles et vous aurez du mal à l’arrêter de parler.
-Restobières
32 rue des Renards 1000 Bruxelles
Portable 0495 506 300. Téléphone 02 502 72 51. www.restobieres.be
Une bonne adresse gourmande et pas chère dans un quartier populaire, proche des Puces et loin de la foule des touristes.
-Le Cirio
18, place de la Bourse – 1000 Bruxelles.
Pour boire un Half and Half.
-Bonsoir Clara
22 et 26 Rue Antoine Dansaert – 1000 Bruxelles
02/ 502 55 57 – Ouvert tous les jours de 12h à 14h30 et de 19h à 23h30
Pour sa cuisine simple et raffinée à la fois.

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