La couture en silence 2/3, de Balenciaga à Nicolas Ghesquière

L’atelier est le temple du silence, personne ne parle. Perfectionniste, Balenciaga peut passer des heures à chercher le bon ajustement pour une manche : Elle doit adhérer au corps, être son prolongement naturel, tomber sans le moindre défaut. Elle doit avoir suffisamment de souplesse pour permettre de bouger, sans pour autant entraîner le reste de la silhouette.Le bras n’a plus qu’à s’y glisser naturellement. Pendant la fabrication, la scène ressemble à un film muet. Seuls les chefs d’atelier ont le droit d’être là. Une femme, madame Simone et trois hommes. C’est à elle que Balenciaga demande d’un simple signe de la main ou de la tête de lui tendre le morceau de tissu qu’il désire. C’est un perfectionniste qui aime la rigueur. Pendant trente ans, il a exploré le futur, inventé la robe sac, la robe tunique, décintré la taille etc. Ses gammes de couleurs sont souvent empruntées aux costumes des toreros espagnols. Mélange de noir et de couleurs toniques. Tel un peintre, il « dessine » une gigantesque broderie sur une longue robe sombre réalisant la perfection entre le glamour et la sobriété. Fend d’un coup de ciseaux une robe monacale d’un décolleté en V, qui comme dans un tableau de Fontana laisse juste apparaître un morceau de peau ; crayonne des robes du soir, inspirées par les tableaux de Vélasquez, en satin blanc lourd avec des incrustations de velours noir mat. Dès 1955, comme le remarque Maria Bianco et Bernardine Taub dans Women’s Wear Daily, c’est à l’aisance qu’il s’attaque : Les lignes amples et confortables de la collection Balenciaga sont caractéristiques des modèles Français actuels. Cette nouvelle silhouette ayant fait son apparition voici un an (.)


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