Quelle est la place des femmes aujourd’hui dans les départements financiers et comptables ?

La division spécialisée Finance & Comptabilité du grope Robert Half vient de publie les résultats d’une enquête sur la question de la place des femmes dans les départements financiers et comptables, menée auprès de plus 5 300 responsables financiers et ressources humaines dans 20 pays dont la France. Comment y sont-elles représentées ? Quelles sont leurs perspectives de carrière ? L’enquête a tenté de mesurer le périmètre du « plafond de verre » auquel se heurtent bon nombre de femmes.

La représentativité des femmes dans la finance au gré des 20 pays observés par Robert Half Finance & Comptabilité présente un panorama contrasté, à l’issue des déclarations des managers consultés pour cette enquête. « Bonne nouvelle » en Espagne, au Brésil ainsi qu’en Belgique et en Suisse : le nombre de femmes dans la finance aurait augmenté au cours des deux dernières années (respectivement 28 %, 27 % et 26 %). En revanche, en République Tchèque (15 %), au Brésil et à Hong-Kong (11 %), la représentativité des femmes serait la plus en baisse depuis deux ans. Elle serait stable en revanche au Luxembourg (79 %), aux Etats-Unis (78 %) et en Allemagne (74 %).

En France, pas de cocorico en vue : les managers consultés trouvent que le nombre de femmes dans leur département financier et comptable est resté stable pour 63% des sondés, a augmenté pour 22 % et personnes interrogées, et a diminué pour 7 % d’entre eux. De plus, 58 % de l’ensemble des dirigeants interrogés estiment que femmes et hommes ont autant de chances de progresser vers des niveaux de direction dans ces départements. Ailleurs, c’est en Suisse (72 %), en République Tchèque (69 %) ainsi qu’aux Pays-Bas et aux Etats-Unis (64 %) que cette opinion est la plus forte. En France, cette opinion est partagée par « seulement » 45 % des répondants. 23% pensent que les hommes ont davantage de chance de progresser dans ces départements que les femmes. Un avis partagé surtout au Japon (38 %), en France (36 %) et en Italie (33 %). Les hommes seraient historiquement sur-représentés dans les départements financiers et comptables, leur progression accrue vers des postes plus élevés s’expliquerait tout simplement de façon mathématique.

Sans surprise, les niveaux de rémunération présentent encore des disparités, avec des salaires plus élevés pour les hommes à poste équivalent que pour les femmes. Ce sont en tout premier lieu les managers français qui l’admettent (65 %), leurs homologues allemands (59 %) et suisses (57 %). A contrario, les rémunérations seraient homogènes entre hommes et femmes selon les directeurs dubaïotes (79 %), luxembourgeois (70 %) et hongkongais (56 %). « Au sein de notre cabinet de recrutement et ce depuis de nombreuses années, nous observons des salaires inférieurs de 10 à 30 % à fonctions égales – hommes et femmes confondus – sur des profils ayant effectué l’ensemble de leurs carrières dans la même entreprise, en comparaison de candidats bénéficiant d’une expérience professionnelle au sein de plusieurs établissements. Un changement d’employeur permet le plus souvent d’obtenir plus facilement une promotion accompagnée d’une rémunération plus importante et donc de réduire l’écart », observe Fabrice Coudray, Directeur de Robert Half Finance & Comptabilité.

Quels freins majeurs pour une femme souhaitant se lancer dans une carrière financière ? Les managers interrogés pour cette nouvelle enquête sont d’avis que faire carrière dans la finance n’est pas chose facile pour les femmes. Les freins sont nombreux. Toutes réponses confondues et par ordre décroissant, apparaissent : 1) les horaires importants (32 %), un frein majeur pour les managers singapouriens (62 %), espagnols (43 %), français et australiens (40 %), 2) le manque de parité homme/femme au sein de la direction générale (20 %), un frein évoqué surtout en Allemagne (38 %), en Autriche (34 %) et en France (32 %), 3) l’absence de femmes dans ces directions financières et comptables (16 %), 4) l’absence de possibilités d’évolutions de carrière (14 %), 5) un salaire bas (13 %).

« Nous nous plaçons résolument du côté des 20 % de managers qui pensent qu’il n’y a aucun frein à la carrière d’une femme dans la finance. Nous rencontrons et proposons autant de femmes compétentes, à expérience professionnelle comparable que d’hommes. Nous assistons à une évolution de la société certes lente mais qui va vraiment dans le bon sens. A terme, ces disparités de carrière seront le reflet d’un choix personnel, pleinement assumé autant par des hommes que par des femmes », indique Fabrice Coudray. Reste à savoir quelle sera la durée du chemin qu’il reste encore à parcourir…

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